AVERTISSEMENT: NON IL NE S’AGIT PAS DE FRACTALS !
Cet article a failli être un comment en réaction à un article de (l’excellent) blog de Gaduman au sujet de “l’art du moche”.
Mais j’ai choisi de lui offrir une destinée plus prestigieuse et une place de choix ici même (Ah ouais mais non en fait, plus de gens lisent les comments de Gaduman que mes articles…).
Bref, dans l’article auquel je fais allusion il est question entre autres de “Datamoshing” et c’est ce qui m’intéresse ici.
Il s’agit d’un procédé qui consiste à détourner des effets de rendu de compression vidéo à des fins purement graphiques.
Je ne suis pas le premier à en parler et certains l’ont déjà très bien fait!
A l’origine des artistes (ou collectifs) comme:
Paperrad:
Ou encore Takeshi Murata (la photo qui illustre cet article)
Puis les réalisateurs de clips musicaux n’ont pas tardé à s’emparer du phénomène.
Illustration avec trois artistes:
Kanye West:
Chairlift :
The Presets :
Mais on parlera surtout et de manière plus large de “Glitch Art”.
A l’origine “Le terme glitch désigne une défaillance électronique ou électrique qui correspond à une fluctuation dans les circuits électroniques ou à une coupure de courant (une interruption dans l’alimentation électrique). Ce qui entraîne un dysfonctionnement du matériel informatique (hardware), qui occasionne à son tour des répercussions sur les logiciels (software).
Le mot “glitch” en est venu à désigner tout type de problème en informatique” (une définition Wikipedia vous l’aurez compris, faisons confiance à l’intelligence des foules).
Jusque là c’est plutôt clair, avant que n’apparaisse la question subsidiaire sur laquelle beaucoup se sont cassés les dents:
“Mais quelle est la différence avec un Bug ?”
Après avoir mené l’enquête je ne suis toujours pas en mesure de vous donner une réponse catégorique (pourtant j’avais mon imper’ beige, mon verre de mon scotch et un bureau avec une porte en verre sur laquelle est inscrit mon nom en lettres adhésives).
Encore une fois d’après Wikipedia, “bug et glitch soient souvent employés indifféremment, sans pour autant être de parfaits synonymes.” (là c’est mon cerveau qui glitche/bugue et je ne fais plus du tout confiance à l’intelligence des foules). Pas très clair tout ça…
J’ai retenu deux hypothèses de manière totalement arbitraire, vous en ferez ce que vous voulez…
La première veut que le “glitch” soit la conséquence d’un “bug”, autrement dit le “bug” est l’erreur de programmation et le fait de pouvoir passer à travers les murs, le “glitch”.
La deuxième veut que le “glitch” soit une erreur bénigne voire ponctuelle qui vous permet de passer à travers un mur, de monter sur la tête d’un ennemi, bref quelque chose d’amusant et qui ne nuit pas au bon fonctionnement du jeu. Alors que le “bug” est une erreur récurrente qui peut empêcher d’accéder à une zone, de compléter une mission, etc.
On repassera pour une définition formelle, mais c’est vraiment amusant de voir les geeks les plus hardcore s’affronter sur les forums à coup de vérités absolues… qui n’en sont pas.
Mais revenons au plus important, le “Glitch Art”, qui existe sous deux formes:
La première nous la nommerons “Glitch Hunting”, il s’agit de ces personnes qui chassent littéralement les “Glitches” sur tous les écrans. Longtemps le terrain de jeu privilégié des Gamers (faîtes une requête “Glitches sur Youtube, vous comprendrez…), ce genre de pratique commence à intéresser de plus en plus d’artistes contemporains et/ou numériques.
La seconde catégorie peut être qualifiée de “Glitches-(a)like” et consiste à “reproduire des glitches de manière artificielle, planifiée et désignée” pour reprendre en partie les mots de Pierrick Thébault dans son article pour l’excellent magazine “Amusement” # 6 consacré au “Bug”.
Aussi, plutôt que de vous linker des vidéos Youtube Lo-fi de gamers taquins, je vous conseillerais vivement cet ouvrage hautement qualitatif “Glitch: Pefect imperfections” de Iman Moradi et auquel a participé Ant Scott, une référence du genre qui s’est consacré à collecter ces imperfections sur nos écrans entre 2001 et 2005 et qui maintenant s’amuse à les générer.
Dans le même genre, ce site consacré au “Glitch Art” mérite le coup d’œil ou bien encore le travail RC100 par RetroYou.
Enfin, plutôt que de rentrer dans la question esthétique (la beauté ou la laideur de cet art fait visiblement grand débat), je préfère pour conclure me concentrer sur sa légitimité et sur la quête de ces “Chasseurs du Digital” qui essaient de capter (ou de reproduire) des moments de poésie virtuelle à travers la beauté aléatoire de ces erreurs dans un monde toujours en quête perfection (le monde réel et celui de l’informatique). Ambiance “Matrix” assurée!